Point de rencontre : Élisabeth St-Gelais fait résonner l’innu-aimun dans la musique classique à Mashteuiatsh
La musique classique et la langue innue se rencontreront le vendredi 23 octobre 2026, à Mashteuiatsh, lors du concert Point de rencontre. Accompagnée du Quatuor Saguenay, la soprano innue Élisabeth St-Gelais interprétera notamment des œuvres inspirées des mots de la poétesse Joséphine Bacon. Un projet particulièrement significatif pour la chanteuse, puisque cette dernière est aussi la sœur de son grand-père.
Pour découvrir son parcours et la dimension culturelle et familiale de ce concert, CHUK FM s’est entretenue avec Élisabeth St-Gelais, soprano originaire de Pessamit et ayant grandi à Chicoutimi.
De Pessamit aux grandes œuvres du répertoire classique
Élisabeth St-Gelais a découvert le chant dès l’âge de sept ans, alors qu’elle fréquentait l’École de musique de Baie-Comeau.
Passionnée de musique depuis l’enfance, elle s’est progressivement tournée vers le répertoire classique à l’adolescence, notamment après avoir découvert les œuvres du compositeur français Francis Poulenc.
Cette passion l’a menée à poursuivre des études universitaires en chant classique à l’Université McGill, à Montréal, où elle a obtenu un baccalauréat et une maîtrise.
Aujourd’hui, elle poursuit sa carrière dans le domaine de la musique lyrique, tout en conservant un attachement profond à ses racines innues et à la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Une œuvre classique traduite en innu-aimun
Le concert Point de rencontre est né d’une idée de Luc Beauchemin, altiste du Quatuor Saguenay, qui souhaitait créer un rapprochement entre la musique classique et la culture innue.
Au cœur du programme figure le Stabat Mater du compositeur italien Giovanni Battista Pergolesi, une œuvre religieuse traditionnellement interprétée en latin.
Pour ce projet, le texte a été traduit en innu-aimun par Joséphine Bacon, permettant ainsi à Élisabeth St-Gelais de l’interpréter dans une langue étroitement liée à son histoire familiale.
Pour la soprano, cette démarche possède une signification profonde. Elle y voit une manière de se réapproprier la langue et de lui donner une place dans un répertoire musical historiquement associé à la tradition classique européenne.
Chanter les mots de Joséphine Bacon : une histoire de famille
Le concert comprendra également la création mondiale d’une œuvre du compositeur François Rossignol, inspirée du poème La femme qui marche de Joséphine Bacon.
Cette création occupe une place particulière dans le cœur d’Élisabeth St-Gelais, puisque la poétesse est la sœur de son grand-père.
La composition intègre également des extraits de la voix de Joséphine Bacon, donnant à la chanteuse l’impression de partager la scène avec elle.
Au-delà de la fierté et de l’honneur qu’elle ressent, Élisabeth St-Gelais explique que chanter en innu-aimun lui procure un profond sentiment de réconfort.
Bien qu’elle ne parle pas couramment la langue, celle-ci a toujours fait partie de son quotidien familial. Sa mère la parle régulièrement à la maison et sa grand-mère s’adressait également à elle en innu-aimun lorsqu’elle était enfant.
Un travail de transmission avec sa mère
Pour préparer les œuvres, Élisabeth St-Gelais a notamment travaillé à partir d’enregistrements de Joséphine Bacon afin de respecter la prononciation et les particularités de la langue.
Elle a également pu compter sur l’aide précieuse de sa mère, originaire de Pessamit et locutrice de l’innu-aimun.
Ensemble, elles ont travaillé sur le sens des mots, les accents et la prononciation, en tenant compte des particularités linguistiques propres à leur communauté.
Cette collaboration familiale ajoute une dimension supplémentaire au projet, où la transmission de la langue se fait autant à travers la musique qu’entre les générations.
« Notre territoire », un passage particulièrement émouvant
Parmi les moments qui la touchent le plus, Élisabeth St-Gelais évoque un passage de l’œuvre de François Rossignol où revient l’expression innue signifiant « notre territoire ».
Le compositeur a associé ces mots à un thème musical de trois notes qui revient à plusieurs reprises dans la pièce.
Pour la soprano, interpréter ce passage au Saguenay–Lac-Saint-Jean, sur le territoire ancestral innu, donne une force particulière aux mots de Joséphine Bacon.
Ce lien entre la langue, la musique et le territoire représente l’un des aspects les plus marquants de cette création.
Un rendez-vous musical à Mashteuiatsh
Avec Point de rencontre, Élisabeth St-Gelais souhaite avant tout offrir au public un moment de beauté et de découverte.
Elle invite autant les amateurs de musique classique que les personnes qui n’ont jamais assisté à un concert lyrique à venir découvrir cette rencontre artistique.
Informations sur le spectacle :
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Événement : Point de rencontre
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Artistes : Élisabeth St-Gelais et le Quatuor Saguenay
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Date : Vendredi 23 octobre 2026
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Heure : 20 h
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Lieu : Église Kateri-Tekakwitha, Mashteuiatsh
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Billetterie : Site Internet de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean
À travers ce concert, la soprano souhaite faire découvrir toute la richesse de la rencontre entre deux univers musicaux, tout en mettant en lumière la beauté de l’innu-aimun et la force des mots transmis par Joséphine Bacon.
Écoutez notre entrevue avec Élisabeth St-Gelais pour découvrir son parcours musical, sa collaboration avec le Quatuor Saguenay et l’importance personnelle, familiale et culturelle de ce concert présenté à Mashteuiatsh.