Une mosaïque collective inspirée des souvenirs des aînés
Des souvenirs racontés par les aînés, des objets qui réveillent la mémoire et une œuvre créée collectivement : au site de transmission culturelle Uashassihtsh, un projet artistique rassemble les générations autour de l’histoire et de la culture de Mashteuiatsh.
Nous avons rencontré Amélie Courtois, artiste multidisciplinaire de Kamishka Art, afin de découvrir un projet de mosaïque sociale qui prendra éventuellement place au Centre Tshimishk.
L’initiative a commencé par des rencontres avec les aînés. Accompagnée notamment de Joanne Buckell, Amélie Courtois s’est rendue auprès d’eux avec une valise remplie d’objets : morceaux de bois, pierres, tissus, cuir d’orignal, branches de sapin et autres éléments pouvant faire surgir des souvenirs.
L’objectif était simple : prendre le temps de jaser, d’écouter et de recueillir leurs histoires.
Certains objets ont ainsi ravivé des souvenirs profondément ancrés. Amélie Courtois souligne notamment l’effet que peuvent avoir les odeurs, les textures et les objets familiers auprès de certains aînés vivant avec la maladie d’Alzheimer.
Des souvenirs transformés en œuvre
Toutes ces rencontres ont progressivement donné naissance à une œuvre collective.
La mosaïque, de forme ronde, rassemble plusieurs images inspirées des histoires racontées par les aînés : les anciens campements de Mashteuiatsh, les canots d’écorce, le bord du Pekuakami, les anciens bonnets ilnu, la cueillette des bleuets et même les empreintes de certains aînés ayant participé au projet.
Une scène représente également une mère avec son enfant près d’une ourse accompagnée de son petit, inspirée d’un souvenir raconté pendant les rencontres.
Chaque élément devient ainsi une petite partie d’une mémoire beaucoup plus grande.
La population invitée à contribuer
Le projet ne s’arrête toutefois pas aux témoignages des aînés. La population est elle aussi invitée à participer à la réalisation de la mosaïque au campement de Kamishka Art, sur le site de transmission culturelle Uashassihtsh.
Pas besoin d’être artiste ni de connaître la mosaïque : le concept ressemble à une peinture à numéros. Les participants sont guidés pour placer les petites pièces selon les couleurs et peuvent contribuer quelques minutes ou prendre davantage leur temps.
Le projet bénéficie également de l’accompagnement de Mosaïque sociale, qui possède l’expertise nécessaire pour la réalisation de ce type d’œuvre.
Une fois terminée, la mosaïque retournera là où l’histoire a commencé : auprès des aînés du Centre Tshimishk, où elle doit être installée.
Un projet intergénérationnel
Au-delà de l’œuvre elle-même, le projet crée surtout un espace de rencontre.
Autour de la mosaïque, les participants peuvent discuter, partager leurs propres souvenirs ou simplement profiter du moment, avec le Pekuakami en toile de fond.
Amélie Courtois et l’équipe de Kamishka Art invitent donc la population à venir découvrir le projet et à y laisser, littéralement, sa petite pièce.
Comment les souvenirs des aînés ont-ils été transformés en images? Quelle histoire se cache derrière la mère ours représentée dans l’œuvre? Et comment pouvez-vous contribuer vous-même à cette mosaïque?
Écoutez notre entrevue complète avec Amélie Courtois pour découvrir l’histoire derrière ce projet collectif et intergénérationnel réalisé à Mashteuiatsh.