Rassemblement des aînés : des rencontres, des souvenirs et une transmission bien vivante
Des rencontres entre nations, des histoires racontées autour du campement, des mots en langue, des repas partagés et surtout beaucoup de transmission : le Rassemblement des aînés 2025 aura permis de créer des liens entre des participants venus de différentes communautés. CHUK FM est allé à leur rencontre afin de recueillir leurs impressions et les souvenirs qu’ils conserveront de leur passage à Mashteuiatsh.
Pour Chantal Niquay, l’expérience s’est vécue à la fois comme bénévole et comme membre de la communauté.
Pendant trois journées intensives, elle s’est notamment occupée du transport de participants sur le site, ce qui lui a permis de rencontrer des aînés provenant de différentes communautés et d’écouter leurs histoires.
Au-delà de son rôle de bénévole, elle retient particulièrement les échanges autour de la langue et de la transmission.
Travaillant auprès des tout-petits, Chantal souhaite maintenant ramener une partie de ce qu’elle a entendu auprès des enfants. Un aîné lui a d’ailleurs rappelé que la transmission peut commencer très simplement : avec une image, un mot ou un souvenir.
Une chanson qui fait ressurgir les souvenirs
L’un des moments les plus marquants de son rassemblement est survenu presque par hasard.
Alors qu’elle transportait un aîné, celui-ci s’est mis à chanter une chanson associée à Philip McKenzie. Pour Chantal, ce moment a immédiatement fait remonter des souvenirs de ses propres aînés.
L’expérience lui a également permis de renouer avec certaines mémoires de son enfance et avec des connaissances culturelles qu’elle croyait avoir oubliées.
Même après avoir terminé ses journées de bénévolat, elle a choisi de revenir sur le site simplement pour continuer à rencontrer les aînés et profiter de leur présence.
« Enrichi, revitalisé »
Ancien homme de radio rencontré sur le site, M. Collard a lui aussi décrit le rassemblement comme un lieu permettant de retrouver une certaine vitalité.
Les discussions, les nouvelles connaissances et les retrouvailles lui ont permis, selon ses mots, de ressortir de l’expérience « enrichi » et « revitalisé ».
Pour lui, être considéré comme un aîné vient également avec une responsabilité : celle de transmettre la culture, la langue et les connaissances acquises au fil du temps.
Mais cette transmission n’est pas à sens unique. Les aînés apprennent également des plus jeunes, notamment dans un monde où les façons de communiquer évoluent rapidement.
Parmi les éléments qui l’ont particulièrement marqué : la présence simultanée des aînés, des jeunes et des petits-enfants.
Des retrouvailles entre communautés
Venue de Uashat mak Mani-utenam, Élise Michel participait pour sa part au rassemblement comme femme de camp.
Pour elle, l’expérience aura surtout été marquée par l’énergie présente sur le site et par les nombreuses retrouvailles.
Elle souligne avoir revu des personnes qu’elle n’avait pas rencontrées depuis longtemps et apprécié la possibilité de vivre le rassemblement directement en forêt.
Son rôle l’a amenée à participer aux différentes tâches du campement, mais elle a également choisi de donner un coup de main comme bénévole auprès de l’organisation.
Une entraide qui reflète justement l’un des grands thèmes ressortant des témoignages recueillis sur place.
Le partage jusque dans les assiettes
Pour Rodney Jacob, de Manawan, les échanges entre les communautés sont également au cœur de l’expérience.
Mandaté comme agent de liaison pour accompagner son groupe au rassemblement, il a pu observer les aînés se visiter, prendre un thé et discuter tout au long de la semaine.
Son souvenir marquant?
Un repas de doré partagé avec les autres participants.
Le poisson a trouvé preneur en quelques minutes seulement, illustrant à sa façon l’importance du partage qui caractérise ce genre de rencontre.
Quand les cultures se rencontrent
Louise Blacksmith-Saganash et Johnny Saganash, de Whapmagoostui, en étaient quant à eux à leur quatrième ou cinquième participation à un rassemblement des aînés.
Au fil des années, ils ont pu constater l’arrivée de participants provenant d’un nombre grandissant de communautés et de nations.
Pour eux, l’environnement naturel joue également un rôle important. L’objectif n’est pas simplement de participer à une série d’activités, mais de prendre le temps de rencontrer d’autres aînés, de discuter et de partager.
Et le partage passe aussi par la nourriture.
Le couple avait notamment apporté de l’orignal, tandis qu’une autre communauté leur avait offert une outarde. Des aliments ensuite préparés et partagés avec les autres participants.
Louise Blacksmith-Saganash retient également la présence du tambour et la manière dont certaines pratiques culturelles évoluent avec les nouvelles générations.
Même si certaines façons de faire diffèrent de celles qu’elle a connues autrefois, elle voit dans l’implication des jeunes une manière de maintenir la culture vivante et de continuer à se rassembler.
Une transmission qui dépasse les mots
À travers les différents témoignages recueillis par CHUK FM, une même idée revient constamment : le rassemblement ne se résume pas aux activités inscrites à la programmation.
Il se vit dans les conversations spontanées, dans une chanson entendue pendant un déplacement, autour d’un thé, dans un repas partagé ou simplement dans le fait de voir plusieurs générations réunies sur le territoire.
Quels souvenirs les participants conserveront-ils du Rassemblement des aînés? Qu’apprennent les plus jeunes au contact des aînés? Et que représente le fait de réunir différentes nations dans un même lieu?
Écoutez notre reportage complet sur CHUK FM 107,3 et partez à la rencontre de Chantal Niquay, d’aînés, de bénévoles et de participants venus partager leur culture, leur langue et leurs histoires à Mashteuiatsh.