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Quand les sons du territoire deviennent musique : une expérience électroacoustique immersive

Les pieds dans le sable, le Pekuakami devant soi et huit haut-parleurs disposés autour du public : c’est dans un décor bien différent d’une salle de spectacle traditionnelle qu’une expérience musicale électroacoustique immersive a été présentée à Mashteuiatsh.

Le concert venait conclure une formation intensive de cinq jours donnée par le compositeur et professeur Louis Dufort, au cours de laquelle des participants ont exploré la création électroacoustique à partir de sons enregistrés, transformés et assemblés.

CHUK FM 107,3 était sur place pour rencontrer des participants à la formation.

Un concert directement sur le territoire

Habituellement présentée dans des environnements contrôlés et relativement silencieux, la musique électroacoustique est sortie cette fois-ci de la salle de concert pour s’installer directement sur la plage.

Huit haut-parleurs, accompagnés d’un haut-parleur destiné aux basses fréquences, entouraient le public afin de créer une expérience sonore enveloppante.

Le résultat : un concert intimiste où les créations musicales se mêlaient à l’environnement naturel.

Pour Louis Dufort, cette façon de présenter la musique permet également de rejoindre des gens qui ne seraient peut-être jamais entrés dans une salle pour assister à un concert électroacoustique.

Certains curieux présents sur la plage se sont d’ailleurs approchés simplement après avoir entendu les sons.

Cinq jours pour apprendre à créer avec le son

Durant la formation, les participants ont appris à enregistrer les sons qui les entourent, puis à les transformer pour en faire de véritables compositions.

Parmi eux se trouvaient notamment Wawi Etlilu Robertson, Camille-André et Raphaël.

Louis Dufort explique avoir rapidement constaté chez les participants une grande sensibilité, une curiosité et surtout un désir d’expérimenter.

La nature et le territoire ont également occupé une place importante dans la démarche. Une partie de la formation s’est déroulée dans une yourte au bord de la rivière, où les participants pouvaient directement enregistrer les sons de leur environnement.

Pour Louis Dufort, cette relation au territoire ouvre justement des possibilités particulièrement intéressantes pour la création électroacoustique.

Transformer des sons en musique

Mais qu’est-ce que la musique électroacoustique?

Il s’agit notamment de travailler avec des sons enregistrés et de les transformer : les ralentir, les accélérer, les répéter, les inverser, les découper ou encore les superposer.

Une simple prise de son réalisée dans la nature peut ainsi devenir la matière première d’une œuvre musicale.

Pendant la formation, Louis Dufort a notamment initié les participants à différentes techniques de transformation sonore et à l’utilisation d’outils numériques permettant de composer avec ces sons.

Une approche qui, malgré son côté expérimental, demeure aujourd’hui beaucoup plus accessible grâce aux ordinateurs et aux logiciels de création musicale.

« Blime », une première composition pour Wawi

Cette semaine intensive a notamment permis à Wawi Etlilu Robertson de réaliser sa propre composition électroacoustique, intitulée « Blime ».

Une œuvre intrigante qui aborde notamment les masques que l’on porte et ce que signifie « perdre la face ».

Plutôt que de donner une interprétation précise de sa création, Wawi préfère toutefois laisser l’auditeur vivre l’expérience et se faire sa propre idée.

Et cette première expérience semble avoir ouvert une nouvelle porte : il souhaite déjà poursuivre la création électroacoustique et aimerait éventuellement présenter d’autres compositions.

Semer une graine pour la suite

Pour Louis Dufort, cette première rencontre pourrait justement n’être qu’un commencement.

Le compositeur voit un potentiel important dans la rencontre entre la création électroacoustique, les artistes autochtones, les récits et les sons du territoire.

Une musique qui, selon lui, offre énormément de liberté : nul besoin de maîtriser un instrument traditionnel pour commencer. Il suffit d’être curieux, d’écouter son environnement et d’avoir envie de créer.

Le territoire peut alors devenir lui-même une matière musicale.

Comment transforme-t-on les sons de la nature en composition? À quoi ressemble un concert entouré de huit haut-parleurs sur une plage?

Écoutez les entrevues réalisées par Fanny Gagnon pour plonger dans cette expérience sonore hors du commun et découvrir les possibilités qu’elle pourrait ouvrir pour de futurs projets à Mashteuiatsh.