Projet éolien Chamouchouane : « Rien n’est encore décidé », rappelle Sylvie Langevin
Le développement de la zone éolienne Chamouchouane, un projet potentiel de grande envergure sur Nitassinan, continue de susciter des questions et des préoccupations. De passage à CHUK FM, la conseillère Sylvie Langevin a tenu à faire le point sur l’avancement du dossier et, surtout, à rappeler qu’aucune décision finale n’a encore été prise.
Annoncé à l’été 2024, le partenariat réunit notamment les Pekuakamiulnuatsh, Hydro-Québec, la MRC de Maria-Chapdelaine ainsi que des partenaires atikamekw. La zone étudiée pourrait éventuellement accueillir jusqu’à 2 400 MW de production éolienne, un développement évalué à plusieurs milliards de dollars.
Mais selon Sylvie Langevin, il est important de distinguer le potentiel de la zone d’un projet déjà autorisé : les démarches en sont encore à leurs premières étapes.
Un premier projet de 400 MW à l’étude
Plutôt que de développer immédiatement l’ensemble du potentiel de 2 400 MW, les partenaires souhaitent avancer progressivement avec un premier projet d’environ 400 MW.
La conseillère explique également qu’en avril, une demande a été faite à Hydro-Québec afin de mettre sur pause certaines démarches entourant le poste de transformation prévu pour desservir le développement éolien.
Les prochaines étapes devraient véritablement commencer à l’automne avec le dépôt d’un avis de projet. Celui-ci marquera le début d’un processus comprenant notamment des consultations, des études techniques et environnementales ainsi que, éventuellement, le processus du BAPE.
Selon les informations présentées durant l’entrevue, il pourrait encore s’écouler de 36 à 48 mois avant une éventuelle approbation finale et le début de la construction du premier parc.
La communauté appelée à participer
Sylvie Langevin insiste particulièrement sur la place que devront occuper les membres de Mashteuiatsh dans la démarche.
Des journées d’information ont déjà été organisées à Mashteuiatsh et dans la MRC, mais d’autres consultations devront suivre au fur et à mesure que le projet prendra forme.
Les préoccupations concernant le territoire, l’environnement, les familles qui l’occupent, les retombées économiques et les impacts du développement devront notamment être prises en considération.
La conseillère rappelle également que la communauté pourrait ultimement être appelée à se prononcer directement. Selon les règles encadrant les investissements de la Première Nation évoquées durant l’entrevue, un référendum serait nécessaire si le projet exigeait plus d’un million de dollars provenant des fonds publics ou un emprunt supérieur à 10 millions de dollars.
Développer autrement sur Nitassinan
Pour les élus, l’un des enjeux est également de ne pas reproduire un modèle où de grandes entreprises viennent simplement exploiter le potentiel énergétique du territoire.
L’objectif présenté est plutôt de permettre aux Premières Nations et aux partenaires du milieu de participer directement au développement, afin que les retombées économiques, les emplois et les bénéfices puissent revenir davantage aux communautés concernées.
L’expérience acquise avec d’autres projets énergétiques, notamment la centrale hydroélectrique de Val-Jalbert, sert également de référence dans la réflexion actuelle.
Où en est réellement le projet? Quelles seront les prochaines étapes? Comment les membres pourront-ils se prononcer? Et quelles pourraient être les retombées pour Mashteuiatsh?
Écoutez notre entrevue complète avec la conseillère Sylvie Langevin sur CHUK FM 107,3 pour mieux comprendre le projet éolien Chamouchouane, les consultations à venir et le rôle que pourrait jouer la population dans la décision finale.