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Michel Jean présente Nishim : une histoire de famille ancrée à Mashteuiatsh

Claude et Jeannette étaient cousines, mais aussi amies depuis l’enfance. Dans son nouveau roman Nishim, Michel Jean raconte leurs parcours et le lien qui les a unies jusqu’à la fin de leur vie. Reçu à CHUK 107.3 le 30 septembre 2026, en cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, l’écrivain ilnu originaire de Mashteuiatsh a parlé de la place de sa famille dans son écriture et de son désir de faire connaître l’histoire des siens.

Claude, la mère de l’auteur, a grandi à Alma, tandis que Jeannette, sa cousine, a grandi à Mashteuiatsh après être née en territoire. À travers ces deux femmes, Michel Jean explore des expériences différentes de l’identité ilnu, entre la ville, la communauté et le territoire.

Les lecteurs de Kukum retrouveront aussi un univers familier. Claude et Jeannette sont les petites-filles d’Almanda Siméon, l’arrière-grand-mère de l’auteur et le personnage central de Kukum. Michel Jean précise toutefois que Nishim n’en est pas une suite directe : le roman poursuit l’histoire familiale à travers une autre génération.

La création du livre a demandé du temps. L’auteur raconte avoir porté le projet pendant trois ans, dont plus de deux à chercher comment l’écrire. Sa mère et Jeannette étaient encore vivantes au début de cette démarche. Leur maladie, puis leur décès, ont accompagné cette période de recherche.

Le déclic est venu avec la forme du récit : Jeannette, plus âgée, revient sur sa vie, tandis que des chapitres donnent la parole à Claude au présent, à différentes étapes de son parcours. Une fois cette structure trouvée, Michel Jean explique avoir écrit le roman en six mois. Raconter la vie de deux femmes aussi importantes pour lui est demeuré une expérience très émotive.

Au fil de l’échange, l’écrivain a également insisté sur le rôle de la littérature dans la compréhension des pensionnats et de leurs répercussions. À ses yeux, la réconciliation exige d’abord une reconnaissance de la vérité. En suivant des personnages, leurs émotions et les injustices qu’ils traversent, les lecteurs peuvent mieux saisir des réalités qui leur semblaient jusque-là éloignées.

Il souhaite aussi que les jeunes de Mashteuiatsh reconnaissent la valeur de leur propre histoire. Michel Jean rappelle le manque de représentation autochtone qu’il a connu et l’importance de pouvoir se reconnaître dans les livres et dans l’espace public. Pour ses romans, choisit des titres en langues autochtones, comme Kukum, qui signifie « grand-mère » en innu, Qimmik, « chien » en inuktitut, et Tiohtiá:ke, le nom de Montréal en mohawk. Une façon de rendre ces langues plus visibles en librairie.

L’entrevue précédait le lancement prévu le soir même au Musée ilnu de Mashteuiatsh. Pour l’auteur, présenter Nishim dans la communauté avait une signification particulière. Même romancé, le livre raconte une part de son histoire collective. Il tenait donc à le partager d’abord avec les gens qui y sont liés.

Écoutez l’entrevue réalisée par Angie avec Michel Jean, qui se confie sur l’écriture de Nishim, son histoire familiale et les liens qui l’unissent à Mashteuiatsh.