Nouvelles

Marjolaine Étienne honorée dans sa communauté : « Tout est possible »

Un moment chargé d’émotion s’est déroulé au Musée ilnu de Mashteuiatsh alors que Marjolaine Étienne a reçu une médaille remise par la lieutenante-gouverneure du Québec, l’honorable Manon Jeannotte.

Entourée de membres de sa famille, de proches et de personnes ayant croisé son parcours, Marjolaine Étienne avait souhaité recevoir cette distinction chez elle, dans sa communauté. Un choix profondément symbolique pour celle qui affirme porter partout avec elle sa fierté d’être Pekuakamishkueu.

Un canot qui lui rappelle sa famille

À peine deux jours après le décès de sa mère, la cérémonie a pris une signification particulièrement intime pour Marjolaine Étienne.

En observant le canot représenté sur la médaille, elle a immédiatement pensé à sa famille et aux souvenirs vécus sur le territoire. Elle se rappelle sa mère à l’avant du canot, les enfants au centre et son père derrière.

Cette image représente pour elle bien plus qu’un moyen de transport : elle évoque la famille, les liens qui l’unissent, l’entraide, l’affection et la transmission.

La distinction ne représente d’ailleurs pas, à ses yeux, une réussite strictement individuelle. Elle souhaite la partager symboliquement avec toutes les personnes qui l’ont accompagnée au fil de son parcours.

Recevoir cet honneur à Mashteuiatsh

Marjolaine Étienne avait expressément demandé que la remise se déroule dans sa communauté.

Mashteuiatsh représente ses origines, l’endroit où elle a grandi, travaillé et développé une grande partie de son engagement communautaire et politique.

Elle souhaitait également que cette cérémonie puisse transmettre un message aux membres de la communauté, particulièrement aux jeunes : croire en soi, être fier de son identité et comprendre que tout est possible.

Cette fierté culturelle, explique-t-elle, continue de la guider jusque dans son travail à l’échelle nationale et internationale.

Faire une place aux femmes

Une importante partie de son parcours est consacrée à la place des femmes autochtones.

Marjolaine Étienne revient notamment sur la création d’un regroupement de femmes à Mashteuiatsh avec Julie Rousseau. À ses débuts, l’initiative était toute simple : réunir des femmes autour d’un café, discuter de leurs préoccupations et chercher ensemble des solutions.

Le mouvement s’est éventuellement structuré et poursuivi bien après son départ.

Pour Marjolaine Étienne, cette continuité démontre toute l’importance de créer des espaces où les femmes peuvent se mobiliser, s’entraider et transmettre leurs connaissances.

Cette conviction l’a également accompagnée dans sa carrière politique. Elle se souvient notamment d’une phrase prononcée par son père avant qu’elle se lance en politique :

« Il faut que les femmes reprennent leur place. »

Une phrase dont elle dit avoir véritablement compris la portée au fil des années.

Un parcours guidé par les ancêtres

Lorsqu’on lui demande comment elle est arrivée jusqu’aux fonctions qu’elle occupe aujourd’hui, Marjolaine Étienne utilise elle-même l’image du canot et du portage.

Son chemin n’a pas toujours été facile. Il y a eu des obstacles et des passages plus difficiles, mais elle explique avoir appris à ne plus laisser la peur déterminer la direction qu’elle devait prendre.

Elle attribue plusieurs de ces enseignements à ses parents, ses grands-parents, ses ancêtres et aux nombreuses personnes rencontrées au cours de sa carrière.

Aujourd’hui présidente de Femmes Autochtones du Québec, elle poursuit son engagement pour les droits des femmes et des peuples autochtones, tout en participant également à des travaux sur la scène internationale.

Une distinction remise par une femme qu’elle connaît bien

La présence de Manon Jeannotte rendait également le moment particulièrement significatif.

Les deux femmes se connaissent depuis leurs parcours politiques respectifs et ont travaillé ensemble sur différents dossiers touchant les Premières Nations. Marjolaine Étienne décrit ainsi une relation empreinte de complicité, d’entraide et de respect.

L’émotion était donc présente autant chez celle qui recevait la distinction que chez celle qui la remettait.

L’entrevue permet aussi de découvrir un côté plus léger de Marjolaine Étienne, notamment lorsqu’elle raconte avec humour une mésaventure survenue lors du tournage du documentaire « Femmes au pouvoir », impliquant nul autre que l’ancienne première ministre Pauline Marois… et un bagage parti avec la mauvaise personne!

Une médaille, un canot, le souvenir d’une mère, la place des femmes et tout un parcours d’engagement : écoutez notre entrevue complète avec Marjolaine Étienne sur CHUK FM 107,3.

Elle y raconte avec émotion et humour ce que représente cette distinction, revient sur les moments marquants de son parcours et livre un message de fierté et de persévérance aux femmes, aux jeunes et à l’ensemble de la communauté.