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Incertitude économique à Mashteuiatsh : La SDEI lance un cri du cœur pour sa survie

À l’aube du 1er avril 2026, la Société de développement économique Ilnu (SDEI) se trouve à la croisée des chemins. Entre menaces de coupures de financement et volonté de préserver une autonomie acquise depuis 25 ans, le président Nicolas Boily et le vice-président Maxime Potvin montent au créneau pour défendre l’institution.

Le climat est à l’inquiétude dans les bureaux de la SDEI. Depuis l’annonce, le 4 février dernier, d’une nouvelle structure de gouvernance économique par le conseil de bande, l’organisation craint pour sa pérennité. Reçue comme une « bombe », la nouvelle implique la fin possible du financement de la SDEI dès le 1er avril 2026.

Un héritage de 25 ans en péril

Pour Nicolas Boily, président de la SDEI, l’organisation est bien plus qu’un simple bureau administratif; c’est le moteur entrepreneurial de Mashteuiatsh. Des camps entrepreneuriaux pour les jeunes à l’accompagnement des femmes d’affaires, la SDEI a bâti un écosystème dynamique qui compte aujourd’hui 131 entreprises et organismes.

« On veut bâtir un esprit entrepreneurial chez nos jeunes, leur dire qu’ils sont importants, que leurs idées peuvent être commercialisées. C’est un héritage qui doit continuer », affirme-t-il avec conviction.

Le bras de fer de l’autonomie

Le cœur du litige réside dans la structure même de la future gouvernance. Alors que le conseil souhaite regrouper les services sous un guichet unique, la SDEI défend bec et ongles son autonomie. Un sondage interne révèle d’ailleurs que 89% d’appui est pour que la SDEI 2.0 soit le seul OBNL dans la nouvelle gouvernance économique à desservir les entreprises et les organismes à Mashteuiatsh.

Maxime Potvin, vice présient de la SDEI, souligne l’importance de cette identité propre : « La SDEI est connue par les grands donneurs d’ordres comme Rio Tinto. On ne veut pas reculer sur l’autonomie. C’est un gain pour notre nation, et on ne revient pas en arrière sur de tels acquis. »

Vers une main tendue

Malgré les tensions, la direction de la SDEI se dit prête à collaborer, mais pas à n’importe quel prix. Une lettre officielle a été envoyée le 18 février au conseil pour entamer des négociations sur une entente pluriannuelle.

« On n’est pas en guerre », précise Nicolas Boily. « On est prêts avec notre modèle SDEI 2.0. On veut juste s’entendre pour continuer à servir nos entrepreneurs. »

Le décompte est lancé. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si la SDEI pourra souffler ses 26 bougies ou si elle sera absorbée par la nouvelle structure du Pekuakamiulnuatsh Takuhikan.

Écoutez l’entrevue