Essipit, Mashteuiatsh et Pessamit s’engagent vers une gouvernance partagée du territoire
Les Premières Nations d’Essipit, de Mashteuiatsh et de Pessamit franchissent une nouvelle étape dans l’affirmation de leurs droits territoriaux avec la signature d’une déclaration d’engagement commune concernant Tshitassinu tshiuetunussit. Les trois Premières Nations souhaitent maintenant établir une structure de gouvernance partagée sur cette portion de leur territoire ancestral commun non cédé.
Le chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, Jonathan Germain, était de passage à CHUK FM afin d’expliquer les objectifs de cette démarche et les prochaines étapes qui mèneront à l’élaboration du modèle de gouvernance.
Selon lui, les trois Premières Nations intervenaient jusqu’ici de façon distincte lorsqu’un projet de développement ou un autre enjeu touchait cette partie du territoire. Chaque nouvelle situation nécessitait donc de reprendre les discussions afin de déterminer la participation et les responsabilités de chacune.
L’objectif est maintenant d’établir des paramètres communs.
« Tant qu’à y aller toujours à la pièce, pourquoi ne pas essayer de s’asseoir, de s’entendre et de clairement établir des paramètres? », explique Jonathan Germain.
Des rencontres entre les trois conseils ont permis de confirmer leur volonté de poursuivre cette démarche. La déclaration commune a été officialisée le 18 novembre 2025.
Tshitassinu tshiuetunussit, un territoire partagé
Tshitassinu tshiuetunussit désigne la partie sud-ouest du territoire ancestral commun aux trois Premières Nations.
Pour Jonathan Germain, il est important de rappeler que les Pekuakamiulnuatsh ont historiquement fréquenté des territoires beaucoup plus au sud que ce que plusieurs membres de la communauté peuvent aujourd’hui avoir en tête.
Ces secteurs ont notamment constitué des lieux de rencontres, d’échanges et de partage de connaissances entre différentes Premières Nations.
La déclaration vise donc à réaffirmer cette présence historique tout en reconnaissant que d’autres Premières Nations ont également fréquenté et occupé certaines parties du territoire.
Développement économique et protection des pratiques traditionnelles
La future gouvernance devra notamment déterminer comment les trois Premières Nations souhaitent intervenir lorsqu’un projet de développement économique ou d’exploitation des ressources naturelles est proposé sur le territoire.
Jonathan Germain souligne toutefois que la démarche devra maintenir un équilibre entre le développement et la protection de la faune, du territoire et des pratiques traditionnelles.
Les modalités précises restent à définir. Des représentants devront travailler à l’élaboration de la structure et des paramètres entourant notamment l’exercice des droits, le développement économique et, éventuellement, le partage des retombées liées à certains projets.
Pekuakamiulnuatsh Takuhikan prévoit que la structure élaborée avec Essipit et Pessamit sera présentée à la population avant son adoption.
Miser sur le dialogue entre les Premières Nations
Pour Jonathan Germain, la réussite de la démarche repose d’abord sur la capacité des trois Premières Nations à discuter ouvertement de leurs préoccupations et à développer une relation de confiance.
Cette volonté de dialogue s’étend également aux autres Premières Nations qui fréquentent le territoire.
Le chef rappelle notamment que des discussions sont déjà en cours avec la Nation huronne-wendat. L’objectif, selon lui, demeure de favoriser une meilleure cohabitation et de réduire les tensions qui peuvent parfois survenir en territoire, notamment autour de l’exercice de la chasse.
Un héritage pour les prochaines générations
Au-delà des structures politiques et économiques qui seront mises en place, Jonathan Germain souhaite que cette démarche permette aux prochaines générations de mieux connaître l’étendue du territoire fréquenté par leurs ancêtres.
La déclaration constitue ainsi, selon lui, une façon d’inscrire cette présence territoriale dans la continuité et de transmettre cette connaissance aux jeunes Pekuakamiulnuatsh.
Pour les trois Premières Nations signataires, cette démarche représente une première étape. Plusieurs éléments devront encore être négociés avant qu’un modèle définitif de gouvernance soit établi.
Écoutez notre entrevue avec le chef Jonathan Germain pour mieux comprendre la déclaration d’engagement entre Essipit, Mashteuiatsh et Pessamit, l’importance de Tshitassinu tshiuetunussit et les prochaines étapes vers une gouvernance partagée du territoire.